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«J'étais facteur ici, et reporter au bout du monde»

Lorsqu’on est facteur, qu’on passe la journée dehors à sillonner les routes, beaucoup pourraient s’imaginer qu’on rêve de vacances au calme pour apaiser cette boulimie géographique quotidienne; qu’on souhaite se raccrocher à un peu de sédentarité, pour changer. Tout l’inverse pour moi: quand j’arrêtais, c’était pour aller aussitôt écumer d’autres continents, je baroudais plusieurs mois par an à l’étranger.

On m’a souvent pris pour une fille

Je me souviens très bien du moment où j’ai dit à ma tante, qui a un salon de coiffure, que c’était la dernière coupe courte que j’aurais avant longtemps. C’était juste avant la rentrée scolaire d’août 2015. J’avais 8 ans, et j’avais décidé que je ne me ferais plus couper les cheveux jusqu’à ce qu’ils m’arrivent au bas du dos. Mes parents étaient un peu surpris, et je pense qu’ils se sont dit que je ne tiendrais jamais le coup.

Catherine D'Oex: «Au début, tu marches comme une dinde en talons»

Catherine est née en 2004, j’avais 40 ans. Un couple d’amis vignerons nous avait demandé, à un ami et moi, d’animer leur fête de partenariat enregistré, l’un des tout premiers du canton de Neuchâtel. On ne voulait pas juste nous déguiser en femmes et raconter des blagues, on voulait composer des personnages qui aient du sens, quelque chose de fortement ancré.

«J’ai décidé de ne rien cacher de mon cancer»

«J’ai repris mon travail de coiffeuse il y a deux mois, après plus d’un an d’arrêt. J’avais quelques appréhensions. Comment allais-je gérer les douleurs dans les bras et dans le dos, conséquences de mon opération? Allais-je être capable de supporter les bouffées de chaleur et les coups de fatigue dus à l’hormonothérapie que je vais devoir suivre pendant encore cinq ans pour limiter les risques de récidive? Toutefois, à ma plus grande joie, j’ai vite repris rythme et confiance. Mieux encore, cette épreuve a renforcé ma vision de la vie: il faut parler. Toujours. Encore.

«J’enseigne l’art du savoir-vivre»

«La vie en internat dans les Grisons fait partie de mes plus beaux souvenirs de jeunesse, mais j’entends encore le claquement de la porte du dortoir et le sifflement strident de la baguette de roseau qui s’écrasait sur nos fesses, lorsque les surveillants nous surprenaient à discuter après l’heure du coucher. Cette expérience m’a été d’une très grande utilité, plus tard, notamment durant mon service militaire. J’avais appris à respecter les ordres, à trouver ma place parmi des personnes issues de milieux différents. Je savais obéir.

J’ai fait un bébé toute seule

Ma fille, c’est une évidence, un bonheur au quotidien. Même si c’est loin d’être facile. Les difficultés auxquelles je suis confrontée découlent davantage du fait que je sois une mère célibataire que du mode de conception en lui-même. Je suis seule, affectivement et logistiquement. Du coup, je suis soit au travail, soit avec ma fille et cela demande une bonne dose d’organisation.

En cuisinant pour la Suisse, je lutte contre la faim

Tout a commencé par un changement de trajectoire presque instinctif. Une fois mon diplôme universitaire en poche, j’ai décroché un emploi dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration de luxe, à Genève. Cet univers m’a passionnée pendant près de dix ans, mais j’ai fini par ressentir le besoin d’élargir mon horizon. J’avais envie d’aller plus loin, sur un plan professionnel, et je me sentais passablement bloquée dans le poste que j’occupais.

Skieuse en Mongolie, je m’entraîne au lac de Joux

Depuis mon retour de Suisse début février 2018, il y a toujours un goût qui m’obsède. C’est celui de votre fromage. Cette odeur! Si forte. Je ne suis pas vraiment sûre d’aimer ça tellement c’est bizarre. Chez moi, en Mongolie, le fromage a un peu le même goût que le lait, c’est doux, discret.

Je participe au marathon de l’Engadine depuis 49 ans

Cet après-midi, je chausserai mes skis de fond pour aller m’entraîner. Ça tombe bien, ici à Klosters, le temps est magnifique. A un mois du marathon, je fais une quinzaine de kilomètres au moins deux fois par semaine. Je pars seule, sur les chemins autour de Klosters, où j’habite. A perte de vue, de grandes parties plates, puis d’autres plus vallonnées. Ce marathon, je n’en ai pas raté un seul depuis sa première édition, en 1969.

 

Je suis une rebelle qui se bat pour une cause

Quand j’ai quitté la Suisse à 20 ans (en 1986) pour aller suivre des cours de théâtre à Paris, je ne pensais pas que je deviendrais réalisatrice de documentaires. Ni que j’irais me balader dans des zones de conflits. Mais bon… vu mon besoin viscéral d’aventure, d’émotions et de justice, c’est assez logique! Je pense que le virage s’est amorcé juste après mon admission au Conservatoire des arts dramatiques: c’était bien trop académique pour moi!